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 La caravane marchande de Uelli

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Aek
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MessageSujet: La caravane marchande de Uelli   Lun 26 Oct 2009 - 15:39

Une goutte vint ombrer le sol poussiéreux de la rue principale. Le menton goutant, suintant de sueur, Harden -au surpoids handicapant- semblait trembloter. Quelques secondes plus tôt assuré, il n'appréciait que peu la tournure que prenaient les choses. Les précédents négociants avaient été si rompus par le trajet depuis le relais le plus proche, que le marchandage des denrées avait été des plus simples. Mais les objets que demandaient ces hommes étaient juste... Que voulaient-ils faire de ça ? Personne ici à sa connaissance n'aurait pu détenir ceci, et voilà pas qu'un négociant pompeux vient lui présenter sa liste, et insister pour obtenir satisfaction. Des années que cette bourgade troquait des biens pour en racheter d'autres aux caravanes passant là. Des années de petit banditisme vite réglé à l'amiable, la contrée semblait pour l'instant bénie car loin de tout conflit. Ailleurs ça bardait, mais par ici, on s'engraisse lentement, pas trop vite car tout est rendu épuisant par la chaleur.

Ceux là ne seront pas facile à berner, certes. Mais étant donné leur offre, leur fournir des équivalents, même inefficaces, pouvait tout à fait marcher. Un simple bluff, d'ici à ce qu'ils en reviennent, le service après-vente ne sera qu'un souvenir rendu improbable par la distance. Après tout, ce type au visage pincé n'avait l'air que d'une fiotte aux ambitions dépassant l'égo.

Un peu de difficulté dans les affaires ne faisait que se rappeler le bon temps à Harden, les retours de campagne, quand les soldats dépensent tout sans espoir de lendemains, et que les gens prêts à tout mettent le prix, non sans un effort de persuasion certes.

Finalement, le pari n'a rien de risqué pas vrai ? La poudre, la boisson, les armes. Ils lui donneraient tout. Restait à trouver quoi que ce soit qui puisse ressembler à un fragment, et le tour était joué.
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Uelli nettoyait son monocle de façon nonchalante, en fixant le bedonnant marchand dans les yeux. Il découvrit ses dents blanches et lança de façon faussement joyeuse, bien qu’apparemment ces bouseux n’avaient pu soulever le moindre doute :

« Messieurs, c'est un plaisir de pouvoir marchander aujourd'hui avec vous. Nous avons fait longue route, et nous sommes installés pour la nuit aux abords du comptoir. Soyez bénis pour votre accueil ! »

« Le comptoir d'Ubadir r'çoit peu, mais chaque échange s't'un plaisir ! Nous apprécions que vous avez fais-appel à nous. Ç’n'est pas jour de marché, ça non, mais nous avoir fait appeler ça s't'une idée. Votre perspicité laisse envisager que l'échange saura-t-être correc. Qu'est ce qu'on peut pour vous ? »

Uelli jaugeait les phrases de son interlocuteur. Bedonnant, lourd et puant, ce Harden semblait loin de tout ce qui pouvait se rapprocher du mot « fraîcheur ». S'il avait l'air de porter les habits les plus distingués de ce bourg, ils étaient loin d'être les plus propres.

« Harden dit vrai, nous sommes à votre disposition Sire Uelli, nous avons ici nourriture, boissons et autres denrées dont nos clients ont toujours dit du bien ! »

Les autres n'avaient pas l'air beaucoup plus distingués, ni même doués pour la négoce. Leur discours était juste trop... niais ? Enfantin ? Qui pouvait laisser une telle bande de gredins fixer les prix de la flotte empoisonnée qu'ils fourguaient certainement ? Les 4 marchands, Harden en tête, semblaient déjà savourer l'apport qu’ils pourraient leur offrir. Fixé sur ce point, Uelli allait pouvoir arriver à un résultat, et ce assez simplement.

« Messieurs, je vous présent Gintal, notre négociant. » Le vieil homme aux traits plissés fit quelques petits pas, juste assez pour passer devant Salid, lui même en retrait à droite de Uelli. « Il s'occupera de rédiger les actes de cessions éventuels de vos marchandises. » Les regards se croisèrent côté hôtes. Les cessions de... « Pour l'instant, reprit Uelli, Gintal va vous présenter la liste des marchandises dont nous souhaitons disposer au plus vite. Notre novice Karl mènera les échanges. Nous le formons actuellement, il est un peu jeune, aussi je vous demanderais d'être indulgent avec lui. Ses techniques de négoces s'améliorent vraiment très lentement, qui eu cru que je puisse un jour embaucher pareil lent d'esprit ! Rassurez vous, il fixera les prix, les jeunes doivent s'entraîner n'est-ce pas ? »

Un peu perplexe, Harden dévisageait Uelli avec une pointe de méfiance. Les perles qui coulaient de ses cheveux vers ses tempes grossissaient à vue d'œil. Gintal fit un prompt aller-retour jusqu'à Harden, et lui transmis une lettre calligraphiée.

“La liste, monsieur...”

Harden parcouru la liste tandis que les “invités” faisaient mine de regarder ailleurs. Des armes, de la poudre noire, un fragment de... un fragment de météorite ? Le temps d'échafauder un plan, Harden se raclait la gorge et finissait nerveusement sa lecture de la liste. Les secondes flottaient à présent lorsqu'il consentit enfin à reprendre la parole.

« Bien, nous négocierons avec... avec ce Karl, ouere. » et il tendit à son plus proche collègue la liste, l'accompagnant d'un clin d'œil appuyé, et tout a fait intercepté par Uelli.

Uelli offrit le sourire le plus engageant possible. Il savait que personne n'avait jamais apprécié ce sourire, mais ça l'amusait toujours autant.

Lorsque Karl déboucha sur la place, une cuisse de vache à la main et un énorme sac de cuir vide sur l'épaule, Uelli aima l'expression sur le visage d'Harden. Un moment de bonheur pur. Une exaltation intense.
Karl jeta nonchalamment le morceau de viande crue dans la fontaine, et enjamba la place des ses foulées de deux mètres. Il toisa Uelli, d'abord avec un regard circonspect, se penchant au niveau de son visage, puis en souriant largement.

“ Chef, moi négoce lui ? ”

“Aux p'tits oignions, Karl, aux petits oignons.”

Sur l'assentiment de Uelli, Karl s'approcha du groupe qui sentait à présent l'urine, en plus de la sueur. Harden, qui tentait de garder un minimum de tenue, venait de comprendre que l'intimidation allait probablement changer tous ses plans. D'autant plus que Karl semblait avoir pigé qu'il était celui qui menait plus ou moins la barque, et que son visage couturé mais étrangement jeune pour un ogre se trouvait à quelques centimètres du sien. “Sale temps pour les p'tits commerce” était la seule phrase qui lui vint à l'esprit lorsque Karl tourna la tête vers son patron.

“Ouer patron, toi vrai. Lui zonions.”

Et son mouvement fut vif malgré sa corpulence ingrate. Ou plutôt, si naturel que rien n'avait laissé pensé qu'Harden puisse ainsi perdre la moitié supérieure de son corps. En se tournant de Uelli vers le bedonnant arnaqueur, Karl avait ainsi réorienté ses épaules que son bras n'avait fait que suivre la tendance, arrachant de la hanche gauche jusqu'à l'épaule droite la cage thoracique de l'imprudent négociant. Sans que cela semble demander un effort quelconque à l'ogre.

“Dot zonions ?” avait alors lancé Karl en se bidonnant.

“Non Karl, plus d'oignons, je pense que celui ci était le seul.”

Les trois autres acquiesçaient vivement, la terreur dans leurs yeux indiquant que oui, la négoce était aussi pliée que l'avait été la bidoche d'Harden avant son malheureux accident. A présent elle était plutôt... distendue.

“ Bark, tu viens avec moi, Karl tu reste devant la porte, entendu ?” L'ogre qui raclait la poussière autour des jambes d'Harden hochait la tête en grommelant. “Ouer patron”.

Uelli se tourna vers son lieutenant, qui nettoyait nonchalamment son canon.

“Quand arrêtera tu de jouer avec cet engin maudit, perdre des hommes par ta faute m'ennuie. Rends toi utile Salid, emmène ces messieurs à l'intérieur et assure toi que Gintal leur fasse signer la paperasse.”

Tandis que les 5 hommes pénétraient dans la bâtisse surplombée de l'enseigne “L'oasis de Ubadir - comptoir local”, Uelli et Bark marchèrent prestement vers la ruelle toute proche. La terre sèche et ocre était soulevée par le vent balayant la place, et la ruelle à l’ombre semblait être un petit havre d’ombre et de fraicheur. Zeb, dit "la croute", était totalement dévoué à une tâche qui lui était chère. Son curage de nez approfondi le passionnait au plus haut point, et de derrière la grosse jarre qui l’abritait du vent, il n’avait rien suivi de l’incident sur la place.

“Zeb, tes informations étaient fausse, qui ici peut avoir de la pierre maudite ? Tes délires commencent à me mettre en rogne, ces bouseux n'ont même pas de quoi se torcher le cul. Lève toi, et vas jusqu'à Bel Ahad, la ville suivante, je veux que tu passes par Flint pour me rendre compte de la situation là bas. On y vendra le stock d'ici, mais tâche tout de même de trouver quoi que ce soit à propos des pierres.”

“Jeunot” fit le gueux en agrippant sa canne “t'as qu'à aller à Mor'heim, depuis l'temps qu'j'te l'dit.”. Il cracha aux pieds de Uelli, à quelques centimètres à peine de ses bottines étrangement propres. "Tu m'bassines avec les pierres à des semaines de Mor'heim, 'videment qu'les ploucs en ont pas, cordieu ! T'vouais qu'j't'dise qu'ce bled en r'gorgeait, j't'l'ai di, pi v'là pas qu'tu…"

La claque de Bark le fit cracher ses poumons. “Debout Zed ! Tu fais s'qu'il dit ou j't'y oblige. Si tu continue il va m'demander t'de faire un trou d'ici …", Bark tendit un doigt vers le bas ventre de Zed, "à là.”, finit-il en indiquant l'épaule droite du mendiant.

Zed fixait la zone indiquée par l'index de Bark, et jugea qu'il était temps de bouger.

“Bien -fit Uelli-, Bark, tu m'attrape cet abruti de nain et tu lui dit de dégager son gros cul barbu de ce bar miteux. Qu'il fasse sa part du travail, ce rapace, et qu'il nous rejoigne au plus vite. De toute façon j'ai vu le barman de ce bouge traverser la place en courant tout à l'heure."

"Raison d'plus. S'torcher gratis s't'un rêve pour lui patron."

"Pas le miens, je veux qu'il fouille les maisons une fois qu'elles seront vidées de leurs habitants. Si le jeune est avec lui à tenter de gagner en virilité, tu lui dis de retrouver le chasseur. J'crois qu'il est allé régler le compte d'une mégère sur la tête de qui une donze à mis un prix. C'est à deux pas d'ici, dans le bled à 3 roues de là. Un travail de minable. Qu'il arrête ça et qu'il se pointe au camp, on décolle d'ici peu. Le jeune à qu’à courir le chercher, il est bon qu'à ça.”

Bark se dirigeait vers le bar, et Uelli se sentit d'un coup bien seul. Quelle bande de dégénérés. Enfin, ce comptoir allait quand même remettre un peu d'ordre dans la trésorerie. Ils mettraient tout ça en vente dès leur arrivée à Bel Ahad, et avec un peu de chance ses effectifs ne lâcheraient pas la caravane. Il suffisait qu'il arrive à réunir la somme exorbitante que demandaient ses sbires, même si c'était parfois plus facile à dire qu'à faire. Certains étaient loyaux néanmoins, ils avaient fait un peu de route ensemble. Pour la plupart des pleutres qui mangeraient les pissenlits du désert par la racine s'il ne les avait pas recueillit. Et dire que ces lâches osaient lui demander un salaire. Sa patience l'étonnait lui-même.

Gintal fut le premier à sortir de la bâtisse, sous le regard des quelques habitants qui avaient osé entrouvrir un volet. Les trois marchands suivirent, mis en joue par Salid qui fermait la marche, et jouait nerveusement avec sa dague.

“Messieurs, je vous remercie pour votre collaboration. J'imagine que le contrat vous a laissé de quoi nourrir les villageois pour quatres jours. Ca vous laisse le double de ce qui est nécessaire pour rejoindre le village à l'est, d'où on vient. Nous allons dans l'autre sens, si vous nous suivez, on vous oignone. Entendu ?”

Uelli sortit toutes ses dents et ajouta triomphalement.

“Que les hommes du village les plus en état de transporter des marchandises se préparent. Le contrat stipule bien ceci n'est ce pas Gintal ?”

Au visage des marchands, Uelli pouvait aisément déduire que oui. Aussi il n'attendit pas la réponse de Gintal. Certains des villageois étaient sortis de chez eux à présent. L'ogre avait en effet décidé d'aller gouter, et la place ne contenait plus quelques hommes de Uelli. Avant que celui ci ait pu reprendre son discours, un jeune homme de bonne stature accourut auprès des ainés aux frusques bariolées, en hurlant son désaccord. “Personne ne sera vendu !” criait-il, “On ne peut pas laisser f...” Le tromblon de Salid fit son office. Uelli abattit à bout portant un autre plouc, un nigaud courtaud qui avait esquissé une charge héroïquement stupide. Les autres lâchèrent bâtons et piques, et quelques portes claquèrent.

Cette chiée de paysans illettrés n'était vraiment bonne qu'à être vendue se dit Uelli. "Bien, rassemblons-les ! Il est grand temps de partir de ce tas de poussière." Mais il faudra bien passer à autre chose que ces foutus rapts minables, s'il voulait mettre la main sur ces cailloux des cieux. Mais Mordheim était encore si loin…

Uelli poussa le cadavre du petit gros du bout du pied, le retournant sur le dos. Il le faisait sans trop y réfléchir, ses pensées tournées vers la cité interdite, et le parcours pour la rallier. Tenter de piller les tombes sous les ordres d'un imbécile orgueilleux avait été une idée stupide. La débâcle des bassins du désespoir l'avait prouvé. Il avait pu rallier des hommes (et pas que des hommes en fait) à sa "cause" contre une certaine somme. Les rapines avaient permis de garder un groupe certes, mais il fallait à présent lui trouver un but. Commencer à chercher des fragments du météore ici était insensé. Zed avait sûrement raison, même si ça lui faisait mal de l'admettre.

Uelli sortit sa carte de sa besace, et dressa mentalement un tracé approximatif pour quitter l'Arabie, et rallier Mordheim. Des semaines de voyage pour accéder à cette maudite citée. Des semaines de salaires à payer. Déprimant.

En repliant la carte, le soupir de Uelli fut chargé de lassitude. Néanmoins, tout était relatif. Comparativement au chemin à parcourir depuis le Middenheim, sa terre natale, la route était moins longue d'ici. Il avait déjà voyagé des mois pour en arriver là, quelques centaines de kilomètres ne l'arrêteraient pas.

Uelli le Couard n'avait plus qu'à mettre en marche sa mauvaise troupe, et les pierres seraient peut être à lui.





(ps : étant donné le temps que je met à peindre ma bande, il y aura bien d'autres embuches sur le chemin ! En attendant de pouvoir le jouer, j'reviendrai les conter de temps en temps ! A nous Mordheim ! Youh ! )
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